La porosité des cheveux : de quoi parle-t-on exactement ?

La porosité désigne la capacité de vos cheveux à absorber l’eau, puis à la retenir. Elle dépend en grande partie de l’état de la cuticule : cette « armure » faite d’écailles superposées qui protège la fibre. Quand les écailles sont bien alignées, l’eau entre plus lentement et reste mieux à l’intérieur. Quand elles sont soulevées ou abîmées (chaleur, décolorations, frottements, soleil, mer…), l’eau et les actifs entrent vite… mais ressortent tout aussi vite.

Comprendre ce point change tout : une même routine ne peut pas convenir à tout le monde. Deux personnes aux cheveux bouclés, par exemple, peuvent avoir des résultats opposés avec le même masque. L’une le trouvera nourrissant, l’autre le trouvera lourd ou inefficace. C’est là que le test de porosité des cheveux devient un outil pratique pour orienter vos choix.

La cuticule, la clé de lecture

Imaginez la cuticule comme des tuiles sur un toit :

  • Écailles serrées : l’eau glisse, la fibre est plutôt lisse, les soins pénètrent plus lentement.
  • Écailles légèrement soulevées : équilibre entre absorption et rétention.
  • Écailles très soulevées : absorption rapide, mais perte rapide d’hydratation, cheveux qui « boivent » et redeviennent secs.

Porosité vs texture : ne pas confondre

La porosité n’est pas la même chose que :

  • la texture (lisse, ondulé, bouclé, crépu),
  • le diamètre (cheveu fin, moyen, épais),
  • la densité (nombre de cheveux),
  • ou la nature (gras, normal, sec au niveau du cuir chevelu).

Vous pouvez avoir des cheveux fins et très poreux, ou des cheveux épais et peu poreux. D’où l’intérêt d’un diagnostic spécifique.

Pourquoi connaître votre porosité peut transformer votre routine capillaire

Quand on se trompe de niveau de porosité, on observe souvent les mêmes scénarios :

  • Accumulation : produits qui restent en surface, cheveux ternes, alourdis, qui regraissent vite.
  • Sécheresse récurrente : vous hydratez, vous nourrissez… et pourtant, 24 heures plus tard, les longueurs sont rêches.
  • Frisottis : la fibre capte l’humidité ambiante de façon désordonnée.
  • Casse : surtout quand la cuticule est fragilisée (porosité élevée).

En pratique, connaître votre porosité aide à :

  • choisir des textures adaptées (lait, crème, beurre, gel…)
  • dosage et fréquence (masques riches vs soins légers)
  • mieux équilibrer hydratation (eau, humectants) et nutrition (huiles, beurres)
  • réduire la dépendance aux produits en misant sur des gestes ciblés.

Le fameux test du verre d’eau : un test de porosité des cheveux simple (mais à nuancer)

Le test le plus connu en ligne est celui du verre d’eau. Il est populaire parce qu’il est rapide et ne coûte rien. Il peut donner un indice… mais il n’est pas infaillible. Les résidus de produits (silicones, huiles, sprays, pollution) peuvent fausser le résultat.

Comment faire le test du verre d’eau (étapes)

  1. Lavez vos cheveux avec un shampooing doux, puis n’appliquez aucun soin (pas d’après-shampooing, pas de masque, pas de leave-in).
  2. Laissez sécher à l’air libre.
  3. Prélevez un cheveu propre (idéalement tombé naturellement) ou une mèche très fine.
  4. Remplissez un verre d’eau à température ambiante.
  5. Déposez le cheveu à la surface et attendez 2 à 4 minutes.

Interprétation (à prendre comme une tendance)

  • Le cheveu flotte longtemps : porosité plutôt faible (l’eau pénètre lentement).
  • Le cheveu reste au milieu : porosité moyenne (équilibrée).
  • Le cheveu coule rapidement : porosité plutôt élevée (l’eau pénètre vite).

Les limites du test du verre d’eau

Ce test peut être biaisé par :

  • les résidus de produits (notamment huiles et silicones) qui font flotter le cheveu,
  • la présence de bulles d’air accrochées à la fibre,
  • la nature du cheveu (diamètre, état de surface),
  • la qualité de l’eau (calcaire fréquent dans certaines zones en France).

Astuce : répétez le test sur 3 à 5 cheveux et complétez avec les observations du quotidien ci-dessous. Le meilleur diagnostic est toujours un croisement d’indices.

Tests complémentaires : observer ses cheveux au quotidien

Si vous voulez un résultat plus fiable que le seul verre d’eau, combinez plusieurs mini-tests. Vous obtiendrez une image plus précise de la porosité (et de ce que vos cheveux « racontent » réellement).

Le test du séchage

Après un lavage (sans excès de produits), observez :

  • Séchage très rapide : souvent signe de porosité élevée (l’eau ne reste pas).
  • Séchage lent : souvent porosité faible (l’eau met du temps à entrer et à sortir).

Le test du « glissé » (au toucher)

Faites glisser deux doigts le long d’un cheveu :

  • Très lisse : cuticule plutôt fermée → porosité faible à moyenne.
  • Rugueux / accroche : cuticule soulevée → porosité élevée possible.

La réaction aux soins

  • Vos cheveux saturent vite, deviennent lourds, ternes : porosité faible ou accumulation.
  • Vos cheveux semblent toujours « en manque », surtout sur les pointes : porosité élevée.
  • Vos cheveux réagissent bien à la plupart des routines, avec de la régularité : porosité moyenne.

Reconnaître les 3 niveaux de porosité (et leurs besoins)

Porosité faible : cheveux résistants, mais parfois « imperméables »

Avec une porosité faible, la cuticule est serrée. C’est souvent le cas sur des cheveux peu traités chimiquement, ou sur certaines natures de cheveux naturellement lisses.

Signes fréquents :

  • Les produits semblent rester en surface.
  • Les masques riches peuvent alourdir.
  • Les cheveux mettent du temps à être entièrement mouillés sous la douche.
  • Ils sèchent parfois lentement.

Objectif routine : favoriser une hydratation progressive et éviter l’accumulation.

Porosité moyenne : l’équilibre le plus « facile » à entretenir

La porosité moyenne correspond à une cuticule modérément ouverte. L’eau et les soins entrent bien, et la fibre les retient correctement.

Signes fréquents :

  • Brillance naturelle plutôt présente.
  • Les soins fonctionnent globalement bien.
  • Cheveux souples, définition correcte (si boucles) avec une routine simple.

Objectif routine : maintenir l’équilibre et prévenir les dommages.

Porosité élevée : cheveux sensibilisés, qui perdent vite l’hydratation

La porosité élevée est fréquente en cas de décoloration, coloration répétée, lissages, utilisation intensive de chaleur, exposition UV/mer/piscine, ou frottements (serviette, brosse inadaptée).

Signes fréquents :

  • Cheveux qui s’emmêlent facilement.
  • Frisottis, manque de brillance.
  • Séchage très rapide.
  • Pointes sèches, casse, fourches.

Objectif routine : renforcer, sceller l’hydratation et limiter les agressions.

Adapter sa routine selon la porosité : guide pratique

Une routine efficace repose sur trois piliers :

  • Nettoyer sans décaper (cuir chevelu sain, longueurs respectées),
  • Hydrater (apporter de l’eau + agents humectants),
  • Nourrir/Sceller (lipides pour limiter l’évaporation, surtout si porosité élevée).

Si vous avez une porosité faible

Ce qui marche souvent :

  • Soins plus légers (laits, sprays, gels hydratants).
  • Masques plutôt courts et bien rincés.
  • Chaleur douce pour aider la pénétration (serviette tiède, bonnet chauffant à basse température).
  • Clarifier occasionnellement pour éviter l’accumulation (surtout si vous utilisez des produits coiffants).

À éviter (souvent) :

  • Superposition de beurres/ huiles très lourdes.
  • Masques trop riches trop fréquemment.

Exemple de rythme (à ajuster) :

  • Après-shampooing léger à chaque lavage.
  • Masque 1 fois toutes les 1 à 2 semaines.
  • Clarifiant 1 fois par mois (ou moins si cheveux peu exposés).

Si vous avez une porosité moyenne

Ce qui marche souvent :

  • Alternance hydratation et nutrition selon la saison (en France : air plus sec l’hiver, humidité plus marquée selon les régions l’été).
  • Masque 1 fois par semaine ou toutes les 2 semaines.
  • Leave-in + gel si vous cherchez définition et tenue (cheveux ondulés/bouclés).

Conseil : la porosité moyenne peut basculer vers « élevée » si vous augmentez la chaleur (lisseur, brushing) ou les techniques chimiques. Pensez prévention.

Si vous avez une porosité élevée

Ce qui marche souvent :

  • Soins plus riches et réguliers, avec une logique « couches » : eau/hydratant puis scellant.
  • Masques nourrissants + ingrédients filmogènes (aloe vera, glycérine selon météo, panthénol) et lipides adaptés.
  • Rinçage final à l’eau fraîche (ou légèrement acidifiée) pour aider à lisser la cuticule.
  • Protection thermique systématique si chaleur.

À surveiller :

  • Les cheveux poreux peuvent adorer les soins… mais aussi faire de l’accumulation si on superpose trop sans clarifier.
  • Si vos cheveux deviennent mous, élastiques et cassants, il peut y avoir un excès d’hydratation et un manque de renforcement.

Protéines, humectants, huiles : comment choisir selon votre porosité

Les protéines (renforcement)

Les protéines (kératine hydrolysée, protéines de blé/soie/avoine…) peuvent aider à combler temporairement les zones fragilisées.

  • Porosité élevée : souvent bénéfique (avec modération), surtout si casse.
  • Porosité faible : attention à l’effet « rigide » si vous en mettez trop souvent.
  • Porosité moyenne : à utiliser ponctuellement selon les besoins (après été, coloration, périodes de casse).

Les humectants (hydratation)

Les humectants attirent l’eau : glycérine, aloe vera, miel, panthénol…

  • Par temps très humide (certaines zones côtières en France), ils peuvent accentuer les frisottis sur cheveux sensibles.
  • Par temps froid et sec (hiver, chauffage), ils peuvent être utiles s’ils sont associés à un bon scellant.

Les huiles et beurres (nutrition / scellement)

Les huiles ne « hydratent » pas : elles aident surtout à limiter la perte d’eau et à apporter du glissant.

  • Porosité faible : privilégiez des huiles légères (jojoba, pépins de raisin) en petite quantité.
  • Porosité moyenne : choisissez selon votre texture et votre ressenti (argan, avocat, olive en petite dose).
  • Porosité élevée : souvent besoin de scellants plus présents (beurre de karité, huiles plus riches) en ciblant les longueurs et pointes.

Routine type selon la porosité (exemples concrets)

Ces routines sont des bases. Ajustez selon votre cuir chevelu (gras/sensible), votre texture (lisse à crépu), et votre mode de vie (sport, piscine, chaleur, colorations).

Routine type – porosité faible

  • Shampooing doux 1–2×/semaine (selon besoin).
  • Après-shampooing léger, démêlage doux.
  • Leave-in en petite quantité, puis coiffage.
  • Clarification ponctuelle (toutes les 4–6 semaines si accumulation).

Routine type – porosité moyenne

  • Shampooing adapté au cuir chevelu.
  • Masque 1×/semaine (alterner hydratant/nourrissant).
  • Coiffage : leave-in + gel (si boucles) ou sérum léger (si lisse).
  • Protection UV/mer/piscine en saison (chapeau, soin protecteur, rinçage).

Routine type – porosité élevée

  • Pré-shampooing nourrissant (bain d’huile léger ou soin riche) 30–60 min si longueurs très sèches.
  • Shampooing doux + massage cuir chevelu.
  • Masque riche 1×/semaine (ou plus en période de dommages), avec rinçage soigneux.
  • Leave-in hydratant puis scellant (huile/beurre en petite quantité).
  • Protecteur thermique si brushing/lisseur.

Focus France : eau calcaire, météo et habitudes qui influencent la porosité

En France, plusieurs facteurs du quotidien peuvent impacter vos résultats et même donner l’impression que votre porosité change « sans raison ».

L’eau calcaire : un vrai paramètre

Dans de nombreuses villes (notamment en Île-de-France et dans d’autres zones), l’eau est calcaire. Elle peut :

  • laisser un dépôt qui rend les cheveux rêches,
  • favoriser l’accumulation,
  • compliquer la définition des boucles et la brillance.

Pistes simples :

  • Faire un rinçage final à l’eau filtrée (carafe filtrante) de temps en temps.
  • Utiliser ponctuellement un shampooing clarifiant/chelating si dépôts importants.
  • Ne pas surdoser les produits coiffants si vous constatez un film.

Saisons : hiver sec, été UV, humidité

  • Hiver : chauffage + air sec → longueurs qui se dessèchent, électricité statique.
  • Été : UV, sel, chlore → cuticule plus ouverte, porosité qui augmente.
  • Mi-saison : alternance pluie/vent → frisottis et besoin de routine adaptable.

Habitudes courantes

  • Brushing fréquent : peut sensibiliser et augmenter la porosité.
  • Colorations maison : peuvent ouvrir la cuticule.
  • Serviette éponge frottée : micro-frottements, casse, frisottis (préférez une serviette microfibre ou un t-shirt en coton).

Erreurs fréquentes après un test de porosité (et comment les éviter)

1) Prendre le résultat comme une étiquette définitive

La porosité peut évoluer. Une période de chaleur, une décoloration, ou au contraire une année de soins doux peut changer l’état de la cuticule. Refaites votre test de porosité des cheveux tous les 2–3 mois, et surtout observez vos cheveux.

2) Confondre cheveux secs et manque de nutrition uniquement

Beaucoup de routines « sur-nourrissent » alors qu’il manque d’abord de l’hydratation. Résultat : cheveux lourds mais toujours rêches. Pensez : eau/humectants puis lipides.

3) Empiler trop de produits

Plus n’est pas mieux. Une bonne règle :

  • Commencez avec peu de produits,
  • notez ce qui fonctionne,
  • ajoutez un élément à la fois (sinon impossible de savoir ce qui pose problème).

4) Négliger le cuir chevelu

Un cuir chevelu irrité ou encombré peut perturber la pousse et la qualité des longueurs. Même si la porosité concerne surtout la fibre, une routine cohérente commence à la racine : nettoyage adapté, massage doux, rinçage correct.

FAQ : questions courantes sur la porosité

La porosité est-elle la même sur toute la tête ?

Pas forcément. Les pointes sont souvent plus poreuses (anciennes, plus exposées), tandis que les racines peuvent être moins poreuses. C’est courant, surtout si vous colorez ou utilisez de la chaleur.

Peut-on « réparer » une porosité élevée ?

On peut améliorer l’apparence et la résistance, et limiter l’ouverture de la cuticule avec des soins adaptés, mais un cheveu très sensibilisé ne redevient pas « neuf ». La meilleure stratégie : renforcer, protéger, couper régulièrement les pointes abîmées.

Le test du verre d’eau suffit-il ?

Il donne une indication, mais il doit être complété par d’autres observations (séchage, toucher, réaction aux soins). Pour un diagnostic plus fiable, considérez-le comme un point de départ.

À quelle fréquence faire un test de porosité des cheveux ?

Tous les 2–3 mois ou après un gros changement : décoloration, lissage, vacances mer/piscine, changement de région (eau plus calcaire), ou si vos cheveux réagissent soudainement différemment aux produits.

Conclusion : le bon test, puis les bons gestes

Découvrir la porosité, ce n’est pas suivre une tendance : c’est apprendre à lire vos cheveux. Un test simple comme le verre d’eau peut initier la démarche, mais la vraie clé reste l’observation et l’ajustement progressif. En identifiant si vos cheveux ont une porosité faible, moyenne ou élevée, vous pouvez choisir des soins plus cohérents, éviter l’accumulation, mieux retenir l’hydratation et réduire la casse.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose : faites votre diagnostic, simplifiez votre routine, puis ajustez un paramètre à la fois. Vos cheveux vous donneront une réponse très claire.